Genève, Genf en Allemand

de | 17 janvier 2017

Citée par Jules César dans ses Commentaires, Genève fit partie, au Moyen Age, du royaume de Bourgogne, puis du Saint-Empire.

Sous l’autorité plus nominale qu’effective de l’Empereur, les évêques virent peu à peu leur autorité temporelle ruinée par les comtes de Genevois, puis plus tard par les ducs de Savoie. Mais ces luttes profitèrent surtout à la bourgeoisie qui, ayant embrassé la Réforme, finit en 1535, par chasser l’évêque qui se réfugia à Annecy et obtenir que le duc reconnût l’indépendance de la cité. On sait que Calvin fit de Genève le foyer et la citadelle du protestantisme, du moins dans la forme qu’il lui donna. La ville devint sous le premier Empire, la capitale du département du Léman.

Évacuée par les Français, en 1814, elle entra l’année suivante dans la Confédération suisse. Le XIXe siècle a vu la disparition des animosités religieuses, si bien qu’aujourd’hui les catholiques y sont presque aussi nombreux que les protestants. Genève occupa d’abord la petite colline qui se trouve sur la rive gauche du Rhône, à l’issue du lac. Des boulevards marquent l’emplacement des remparts démolis au milieu du XIXe siècle, mais seul le quartier qui entoure l’ancienne cathédrale a conservé, avec ses rues étroites et irrégulières, un certain parfum non pas du Moyen Age, mais du temps de Calvin et du XVII e siècle. La Cathédrale de Saint-Pierre, consacrée au culte protestant depuis la Réforme, est un édifice du début du Mie siècle, un peu froid, qui relève de l’école de Bourgogne. Si la façade a été refaite au XVIIIe siècle, il faut, par contre, aller admirer les belles lignes de l’abside. La flèche ne date que de 1898. A l’église fut ajoutée, en 1406, la chapelle des Macchabées. Dans la nef on voit une chaire flamboyante où prêcha Farel, le véritable introducteur de la Réforme à Genève où il sut attirer et retenir Calvin ; au pied de cette chaire, il y en a une plus petite qui passe pour avoir servi à Calvin lui-même ; en face, dans le bas côté, on voit une partie des stalles qui furent exécutées au XVe siècle. L’ancienne cathédrale n’est du reste pas le seul édifice religieux de l’art gothique que conserve Genève. Au sud de Saint-Pierre, à hauteur du transept, voici l’ancienne église Notre-Daine-la-Neuve, aujourd’hui temple de l’Auditoire, du XVe siècle, soit Calvin donnait ses leçons ; citons encore l’église Sainte-Marie-Madeleine et l’église Saint-Germain, toutes deux gothiques. Calvin habitait dans la rue qui porte son nom, une maison qui a aujourd’hui disparu.

Le centre ville ?

Difficile de trouver un logement rapidement à Genève donc il faut déjà prendre ses marques. L’Hôtel de Ville, magnifique, date des XVème et XVI ème siècles mais l’extérieur a été refait au XVII siècle. Il possède un très bel escalier pavé en plan incliné. Devant l’Hôtel de Ville est un curieux bâtiment des XVI, et XVII, siècles qui fut d’abord le grenier à blé, et qui abrite aujourd’hui les archives ; une frise peinte à fresque par G. de Beaumont, en 1890, retrace les principaux événements de l’histoire de Genève. De l’autre côté de l’Hôtel de Ville est la promenade de la Treille, établie au pied de l’ancienne enceinte du XlVe siècle dont il reste une tour. En contre-bas s’étend la promenade des Bastions, qui occupait, en avant de l’enceinte bastionnée du XVIe siècle, dite des Réformateurs, une place analogue à celle que la promenade de la Treille occupait devant l’enceinte médiévale.

C’est là que, dans un beau cadre de verdure et d’eau dormante, s’élève le Monument de la Réformation qui est sans aucun doute le plus curieux ensemble d’architecture et de sculpture qu’ait inspiré une religion par ailleurs peu favorable à l’iconographie. Il est du aux grands sculpteurs français Landowski et Bouchard qui y travaillèrent de 1909 à 1917. Rien n’est plus imposant, dans son austérité voulue, que ce grand mur auquel sont adossées les statues des grands doctrinaires et des plus puissants protecteurs du calvinisme, séparées les unes des autres par des reliefs qui représentent des épisodes fameux de son histoire. Les bâtiments de l’Université qui datent de 1871, font face au monument de la Réformation.

A l’Est de l’ancienne cathédrale, le Palais de Justice est installé dans un hôpital du XVIème siècle ; à proximité s’élève le collège bâti par les soins de Calvin fait penser que l’architecture d’intérieur existait déjà ! De ce côté, la vieille ville est bornée par la rue des Casemates qui conserve le souvenir du temps où Genève comptait avant tout sur sa cuirasse de pierre pour défendre son indépendance.

De l’autre côté de la rue s’élève le Musée d’Art et d’Histoire ; il comprend de superbes collections que nous n’avons pas à détailler ; il nous suffira d’attirer l’attention du touriste sur la façon remarquable dont la Suisse d’autrefois y est représentée mobiliers, boiseries, horlogerie, souvenirs historiques, entre autres les armes laissées sur le terrain par les Savoyards lors de l’attaque connue sous le nom de « Escalade » et qui fut en 1602 la dernière tentative faite par les ducs de Savoie pour reprendre la ville ; enfin les peintres suisses, depuis le Moyen Age jusqu’à nos jours, de Conrad Witz à Liotard sont parfaitement représentés. Au terme de cette description rapide, il reste à signaler, de ce côté de l’eau, que la belle promenade dite Jardin Anglais.

A l’extrémité sud de cette promenade c’est là que les cygnes de Genève se disputent la nourriture que leur prodiguent les promeneurs et qu’ils rident de leur nage souple et puissante, l’émeraude de l’eau. A l’extrémité du Pont du Mont-Blanc, se détache, suivant le cours du Rhône, le Quai des Bergues où voisinent boutiques pimpantes et hôtels célèbres par les conférences internationales qui s’y tinrent après la grande guerre. A droite, du quai du Mont-Blanc, on jouit d’une vue admirable sur le massif distant de soixante-dix kilomètres, qui lui a donné son nom et qu’encadrent, près de Genève, à gauche les Voirons, à droite le Salève.

Un monument extraordinaire orne ce quai, réplique d’ailleurs fort belle, du célèbre tombeau de Vérone : c’est le mausolée que le duc de Brunswick, mort en 1873, demanda à la ville de lui élever en échange du legs de sa fortune.

Au delà de la jetée, le Quai Wilson prolonge le quai du Mont-Blanc ; ce quai doit son nouveau nom au palais des Nations, ancien hôtel qui abrita en 1919 la Société des Nations. Plus loin, on arrive au joli parc de Mon-Repos, toujours en bordure du lac. Au parc de Mon-Repos fait suite la Perle du Lac. Plus loin encore est le parc de l’Ariana avec la villa du même nom, ancienne demeure particulière dont le propriétaire fit un véritable musée avant de la léguer à la ville. En contre-bas s’élèvent les constructions imposantes du nouveau palais de la Société des Nations et du Bureau international du travail. De l’autre côté du lac, le parc La Grange et le parc des Eaux-Vives, anciennes propriétés particulières, font pendant aux parcs de la rive droite, en sorte que le fond du lac et la ville sont encadrés de ravissantes promenades où le touriste achèvera sa journée.

wpid-wp-1465315739080.jpgUn port de plaisance et une plage bien aménagée ajoutent leur agrément au parc des Eaux-Vives. C’est ici la rade de Genève sillonnée de toutes parts d’embarcations et de vapeurs. Les jours de fête on admire le panache étincelant du grand « jet d’eau » qui monte très haut dans le ciel éblouissant. On pourra encore, suivant la rive gauche du Rhône, aller jusqu’au confluent de l’Arve, distant seulement de deux kilomètres du centre de la ville : le torrent, venu du Mont-Blanc, y mêle ses eaux grises, rapides et froides, aux eaux bleues ou vertes du Rhône ; on y jouit, en été, d’une réelle fraîcheur tandis que le bois de la Bâtie, encore une ancienne propriété léguée à la ville, offre ses ombrages tout proches de l’autre côté de l’Arve. Enfin il est intéressant de s’élever un peu au-dessus de la ville afin d’en mieux embrasser le site : ce qu’on fera, par exemple, quand on aura visité le parc de l’Ariana, en montant au Grand-Saconnex : la vieille cité se montre au fond du lac, environnée de coteaux peuplés de somptueux châteaux et de belles villas qui témoignent, pour le voyageur de la félicité des Genevois. Toutefois, on fera bien de consacrer une demi-journée à l’ascension du Salève d’où la vue est beaucoup plus vaste. On y va généralement en gagnant, par la route ou le tram, Veyrier, village suisse à proximité de la frontière française : de là, un téléférique, s’élevant de sept cents mètres en six minutes, dépose les touristes à 1120 mètres d’altitude ; du terminus, en dix minutes, on monte aux Treize-Arbres, à 1182 mètres d’altitude ; on y trouve un hôtel restaurant et une table d’orientation permettant de détailler un admirable panorama : Genève distante de sept kilomètres et plus basse de huit cents mètres ; au-delà, le Jura, puis, les Diablerets, la Dent du Midi, la Dent d’Oche, la vallée de l’Arve, avec au fond, tout le massif du Mont-Blanc, une partie des lacs d’Annecy et du Bourget au milieu des montagnes boisées qui les environnent, enfin, à cent cinquante kilomètres dans le Sud, les grands sommets du Dauphiné.

RADE DE GENÈVE. VUE SUR LE JURA

Quant au Salève lui-même, cette longue muraille calcaire située en France et qu’on a remarquée du quai du Mont-Blanc, c’est le premier échelon de ces Préalpes qui, par leur structure, s’apparentent étroitement au Jura. Les falaises qui regardent Genève servent aux alpinistes d’école d’escalade ; on pourra souvent assister aux exercices des grimpeurs ; mais les touristes sans expérience devront rigoureusement s’abstenir de les imiter. Une route plus intéressante encore que l’accès direct par le téléférique, permet de visiter le Salève en suivant toute la crête. Toutefois l’excursion est plus longue car il s’agit d’un circuit d’environ soixante-dix kilomètres.

On gagne Cruseilles, à vingt-cinq kilomètres au Sud de Genève, d’où la route gravit la pointe méridionale de la montagne puis court un peu en contre-bas de la crête, versant Est ; la vue est superbe sur le lac d’Annecy, le massif des Bornes, le Mont-Blanc. On passe au pied du Grand-Piton, point culminant de la chaine, dont on ne manquera pas de faire, au passage, l’ascension, et d’où le panorama est à peu près analogue à celui que nous avons décrit plus haut. La route passe ensuite au col de la Croisette à 1190 mètres d’altitude, remonte, passe aux Treize-Arbres, descend à Monnetier, puis, par le col de Monnetier qui sépare le Grand-Salève du Petit Salève, descend dans la vallée de l’Arve qu’elle atteint à Etrembières.

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